À la découverte d’Auckland, métropole néo-zélandaise

Par Eric Pateman

La ville d’Auckland vaut-elle les 13 heures de vol? Disons que visiter Aotearoa, le pays du long nuage blanc, c’est tout un engagement : on ne s’y rend pas sur un coup de tête pour une longue fin de semaine. Cela dit, la réponse est un gros oui!

Entourée d’eau, la ville d’Auckland a deux magnifiques littoraux. Et comme la partie la plus étroite de l’île ne fait que 2 km de large, il est possible de la traverser en une journée! En fait, le pays en entier compte 3 700 km de côtes – inutile de préciser que les activités nautiques font partie du quotidien. Et vu la passion des Kiwis pour la course à la voile, la métropole est surnommée « la ville des voiles »!

La région propose des paysages d’une beauté saisissante, inégalée et irrésistible. Plus de 50 volcans parsèment les environs et font d’Auckland la seule ville au monde à avoir été courageusement bâtie sur un champ volcanique basaltique encore actif.

Au cours de la dernière année, j’ai eu la chance de visiter Auckland à plusieurs reprises… et j’en redemande! Les gens y sont faciles d’approche, et je peux y pratiquer toutes mes activités favorites : la randonnée, le vélo, la course, la pêche et les sports nautiques (comme le surf et la nage) – sans oublier l’exploration culinaire! Cette ville est l’incarnation du mode de vie décontracté. Elle me rappelle l’ambiance de Vancouver, que je connais si bien. Il suffit de remplacer les vêtements de marque Gore-Tex et lululemon par des shorts et des jandles (leur mot pour gougounes)… après tout, le climat est tropical.

Parlant de climat. Je suis persuadé que c’est l’une des raisons pour lesquelles Auckland est la ville la plus peuplée de toute la région du Pacifique Sud, aussi appelée Polynésie. Dotée d’une politique d’immigration ouverte pour bon nombre de ses îles avoisinantes, la ville des voiles s’empreint de leur superbe culture. Par ailleurs, la Nouvelle-Zélande met de l’avant les traditions aborigènes, maories plus précisément, qui forment la base de son monde culinaire. Le hangi(la cuisson à même le sol) est une technique bien connue et utilisée, dans toute la région, lors des célébrations. Ça vous fait saliver? Prévoyez un arrêt à la toute nouvelle adresse du célèbre chef Rewi Spraggon sur Queen’s Wharf, The Maori Kitchen. Pour d’autres alléchantes saveurs locales, je vous recommande Pūhā & Pākehā, un petit café-traiteur qui modernise à merveille la cuisine maorie!

Je dirais que la culture culinaire d’Auckland est la principale raison de visiter cette ville incroyable! Avant, c’était Wellington la championne nationale de la bonne chère; mais aujourd’hui, c’est à Auckland que se trouvent la plupart des restaurants primés – et à juste titre. Représentant plus de 200 cultures différentes, sa scène culinaire est d’une diversité impressionnante. Et vu le climat tempéré qui favorise la végétation, plus de 25 % des récoltes du pays se font dans la région. C’est donc une abondance de produits frais et locaux, de la mer comme de la terre, qui se retrouvent dans les créations des chefs les plus talentueux du pays.

À mon avis, la nourriture rehausse les expériences; grâce à elle, une belle expérience peut devenir tout simplement divine! Par exemple, j’adore les huîtres. J’en mangerais n’importe où, n’importe quand. Mais à Auckland, ça devient une tout autre histoire, parce qu’on peut embarquer sur le Shuckle Ferry, se rendre dans la baie, les cueillir soi-même dans les huîtrières et les déguster directement sur le bateau, le tout accompagné des rayons du soleil, d’une eau azurée et d’un verre rafraîchissant de bulles locales ou de sauvignon blanc de la région. Croyez-moi : vous ne verrez plus jamais les huîtres de la même façon!

L’aventure culinaire, ça va bien au-delà des sorties dans des restaurants gastronomiques, et c’est justement pourquoi même Michelin a commencé à étoiler certains comptoirs des foires alimentaires de Singapour, par exemple. La Nouvelle-Zélande n’a pas encore d’étoilés Michelin (et perso, j’espère que ça va rester comme ça); n’empêche qu’elle arrive à rivaliser avec les meilleurs du monde grâce à ses fabuleux fermiers, producteurs et chefs!

Comme super voyage d’un jour, je vous suggère de prendre, au front de mer d’Auckland, un traversier pour l’île Waiheke, où vous pourrez découvrir d’excellents restaurants et explorer les meilleurs vignobles de la région, comme Tantalus Estate, qui appartient à quelqu’un du Canada! Repartez avec une (ou plusieurs) bouteille à déguster au sommet du volcan le plus près, ou encore lors d’un pique-nique sur une plage intouchée, un jour de surf. Même si vous buvez votre vin local dans un verre de plastique, les paysages exquis en feront un nectar que vous n’oublierez pas de sitôt!

Le Grand Auckland n’est pas à court de voyages d’un jour. Vous pouvez par exemple visiter Clevedon Buffalo Co., pas trop loin, et essayer de délicieux produits à base de lait de bufflonne, dont du fromage et un yogourt follement crémeux et onctueux.

Et avant de déguster vos huîtres sur le Shuckle Ferry, promenez-vous à Matakana, un village pittoresque d’une beauté verdoyante, au bord d’une charmante petite rivière, qui regorge de jolis commerces où l’on vend livres, chocolats, fromage et charcuteries, café, vin et produits de boulangerie qui sentent le ciel. Vous y trouverez aussi un cinéma qui fait dans la dégustation de vin ainsi que le splendide marché fermier du samedi. Ma femme a adoré ce village au point d’y retourner pour faire le plein en vue d’une escapade routière à Paihie avec nos enfants.

J’enjoins à tous les mordus de bouffe et d’art de faire un arrêt au vignoble, au restaurant et au jardin de sculptures de Brick Bay. Sa sélection de sculptures remarquables qui longent le sentier traversant la propriété est en constante évolution. Pour les admirer, il suffit de suivre la carte judicieusement tracée. Un verre de vin, une bonne bouchée et un peu de culture : tout ce qu’il faut pour un après-midi parfait.

Si jamais vous visitez la région à son plus beau, c’est-à-dire au début de janvier, profitez-en pour faire un tour à la plantation publique d’avocatiers d’Ōtuatua Stonefields et cueillir ce fruit à même les immenses arbres. Mes filles ont essayé sans succès de faire germer des noyaux d’avocat dans notre cuisine. Elles étaient donc folles de joie non seulement de se trouver dans un champ d’avocatiers matures, mais aussi de pouvoir grimper dedans et en cueillir les fruits!

Et si vous choisissez de rester dans le centre-ville d’Auckland, sachez que vous ne manquerez pas d’endroits où bien manger. Voici mes coups de cœur.

Depot nous est offert par le célèbre chef Al Brown, qui est sans doute l’amoureux de la cuisine d’Auckland le plus expressif et le plus en vue. C’est un endroit très décontracté en plein quartier central des affaires, qui affiche la diversité et le mode de vie relax propres à la ville.

Culprit, un restaurant à l’étage tout près de la fréquentée rue Queen, est une autre adresse qui met ses ingrédients en valeur sans prétention. Son modèle ressemble à celui des restaurants de dim sum. Son interprétation de la cuisine d’Auckland, elle, est unique; et c’est pourquoi j’y fais ma réservation avant même de quitter Vancouver.

L’empreinte du multiculturalisme de la métropole sur la scène culinaire est palpable dans divers restaurants exceptionnels, comme Cassia, dont l’interprétation moderne de la cuisine indienne a de quoi séduire la planète entière. Chez Azabu, des plats inspirés du Japon, pures merveilles visuelles et gustatives, s’accompagnent d’un service impeccable. Quant au bar à vin et à mezcal La Fuente, récemment ouvert, sa file mène tout droit à des délices du Mexique!

Si vous cherchez une expérience culinaire théâtrale, Auckland saura vous combler avec de superbes adresses, comme Pasture, un tout petit établissement qui vient d’être nommé restaurant d’Auckland de l’année. Et pour savourer un repas qui se démarque, je vous recommande Clooney, tout près du quartier central des affaires. Son concept rappelle les spectacles de Broadway avec une cuisine ouverte et des tables entourées de rideaux diaphanes. Et chaque assiette vient avec une histoire et une passion difficiles à décrire.

Envie de dessert? L’incontournable, c’est Giapo, qui propose une crème glacée comme nulle autre (sans exagération). La file y est éternelle à l’année, mais ne vous laissez pas décourager : ça vaut vraiment la peine! En plus de pouvoir y prendre des clichés de rêve pour Instagram, vous aurez l’embarras du choix avec ses nombreuses saveurs aussi délicieuses qu’originales et même des options sans lactose.

En arrivant à Auckland, assurez-vous de faire une visite de la ville. Je trouve que c’est la meilleure façon de trouver ses repères et de dénicher des trésors cachés. Une de mes visites préférées est organisée par Liz, une dame dont la famille vit à Auckland depuis plusieurs générations. Elle adore faire connaître sa ville – et sait la faire aimer.

Dès que vous aurez troqué vos bottes de pluie pour desjandleset ressenti l’ambiance cool de ce joyau de l’hémisphère sud, vous oublierez le long vol. La Nouvelle-Zélande, les Kiwis, les Maoris et la pureté des paysages feront de ce voyage l’aventure d’une vie!

Où rester

En voyage, j’aime bien faire les magasins et marchés locaux afin d’acheter le nécessaire pour cuisiner. J’opte donc souvent pour une location de courte durée ou un logement sur Airbnb. À Auckland, j’ai découvert Urban Butler, une merveilleuse entreprise de gestion immobilière qui donne accès aux plus beaux appartements de la ville et qui fait des pieds et des mains pour vous aider à planifier vos expériences, vous présenter les bonnes personnes et vous faire découvrir les meilleures places pendant votre séjour.Si vous préférez les hôtels conventionnels, je vous suggère le Hilton, qui donne sur l’eau, le Heritage, pour son emplacement central et sa piscine sur le toit, ou encore le SkyCity, au beau milieu du quartier central des affaires, là où ça se passe!


À propos d’Eric Pateman

Sommité mondiale du tourisme culinaire, Eric est aussi l’un des plus grands ambassadeurs de la cuisine canadienne sur la scène internationale. Il est propriétaire exploitant de la populaire marque Edible Canada, qui compte un restaurant primé, des boutiques et une division de voyage culinaire. Il possède également une société de sel nommée Amola et est à la tête de services-conseils qui l’amènent à voyager dans le monde quelque 250 jours par année pour aider des clients des secteurs public et privé à définir leur cuisine, à édifier leur marque ou à construire l’avenir de l’alimentation. Suivez-le dans ses aventures culinaires sur Instagram : @ericpateman.