À la découverte de l’Antarctique

Par Eric Pateman

Ce qu’on me demande le plus souvent, c’est : « Quelle est ta destination préférée et quel endroit me recommandes-tu de visiter? » Normalement, ma réponse dépend de la personne à qui je parle : qu’est-ce qui lui plaît, quel est son appétit pour l’aventure, où a-t-elle voyagé? Mais depuis que j’ai visité l’Antarctique pour la première fois en novembre dernier, la question ne se pose plus : ne serait-ce que pour le facteur émerveillement, c’est vraiment le voyage d’une vie!

Le monde est petit depuis qu’il est devenu relativement facile de voyager. Les destinations les plus populaires sont toujours noires de monde. Rares sont les endroits où l’on peut encore obtenir un peu de tranquillité pour réfléchir à la place qu’on occupe sur cette planète. Mais l’Antarctique est une terre complètement inhabitée. Il n’y a pas de villes, ni même de villages, seulement des stations de recherche et des campements d’expédition. Une terre qui sera, espérons-le, toujours dominée par des dizaines et des milliers d’icebergs, d’oiseaux marins et de pingouins. Je n’avais jamais rien vu de tel : les étendues à perte de vue, les paysages à couper le souffle, la beauté évocatrice, l’imprévisibilité de la nature, la solitude…

Le voyage auquel j’ai participé s’appelait Off the Beaten Track, et il coïncidait avec l’inauguration du RCGS Resolute, dernière addition à la flotte de One Ocean Expeditions. À bord, les cabines bien équipées et spacieuses, la salle de bal, le bar-bibliothèque, le spa, la piscine, le sauna, la salle d’entraînement et les deux restaurants offrent aux 140 passagers autant de lieux pour socialiser ou, au contraire, se réfugier dans leur cocon.

C’était le premier voyage de la saison (d’où les quelques aléas météorologiques que nous avons connus). Nous partions de Punta Arenas pour nous rendre jusqu’à la péninsule antarctique et aux îles Shetland du Sud. Ce genre de voyage attire les esprits aventuriers, qui ne demandent qu’à mettre pied à terre pour aller explorer. Parmi nous, il y avait des skieurs de randonnée, des kayakistes, de raquetteurs et même des nageurs en eaux glacées! Oui, vous avez bien lu : il y avait à bord des athlètes des World Ice Swimming Championships, et ils parcouraient des distances de 1 kilomètre autour des icebergs, dans une eau à 2 degrés Celsius sous zéro, ce qui faisait baisser leur température corporelle de 36,5 à 30 degrés dans la quinzaine de minutes qu’ils y passaient – alors que le point d’hypothermie est de 35 degrés! Heureusement, la nage n’était pas obligatoire pour le reste des passagers, alors j’ai préféré aller faire de la raquette en compagnie des pingouins, bien emmitouflé pendant que d’autres se transformaient en glaçons humains flottant dans les eaux antarctiques!

En arrivant à ma chambre, j’ai eu la surprise de découvrir que mon cochambreur pour les deux semaines à venir serait nul autre que George Kourounis, explorateur en résidence de la Société géographique royale du Canada et chasseur de tempêtes téméraire. J’ai voulu m’excuser d’avance pour mon problème de ronflements, mais c’est lui qui a fini par s’excuser, m’avertissant qu’il risquait de vivre des épisodes intenses de mal de mer (je crois que ça bat mes ronflements!). Quand il a enchaîné en disant que les quatre à six jours de malaise étaient un bien modeste tribut en échange d’un voyage aussi extraordinaire, et que c’était sa huitième expédition au pôle Sud, j’ai commencé à comprendre que je m’apprêtais à vivre quelque chose de très spécial!

Chaque fois qu’un navire de One Ocean quitte le port, une équipe de recherche a la chance d’être du voyage pour faire des expériences et échanger avec les passagers. Nous avons donc pu côtoyer deux scientifiques qui étudiaient les cétacés, plus précisément les baleines à bosse, les petits rorquals de l’Antarctique et les épaulards; nous avons appris une foule de choses sur ces mammifères au fil de discussions et de séances d’information. Les guides de l’expédition et les naturalistes discutaient aussi beaucoup avec les passagers, heureux de transmettre leurs connaissances et de raconter leurs anecdotes à l’heure des repas, dans des présentations ou même directement sur le pont.

Pour moi, l’un des moments forts du voyage a été la vague de plus de 10 mètres que nous avons vue dans le passage de Drake. Pas une seule fois je me suis senti en danger, et contrairement à George, je n’ai pas trop ressenti les effets du mal de mer, mais quand j’ai vu les tables glisser d’un bout à l’autre de la salle à manger et les vagues s’écraser sur le pont supérieur, j’ai pris conscience de tout ce qu’il fallait mettre en œuvre pour réussir à atteindre notre remarquable destination. Le prix d’entrée est pour le moins élevé!

Quand on pense à l’Antarctique, la gastronomie n’est pas la première chose qui vient à l’esprit. Pourtant, je peux vous dire que vous n’avez pas véritablement dégusté un whisky si ce n’est pas avec un morceau de glace ancienne qui fond lentement au fond de votre verre, pendant que vous regardez les pingouins s’ébattre sur le rivage ou les baleines venir respirer à la surface de l’eau.

La bonne nourriture est un rehausseur d’expérience, et One Ocean l’a bien compris, mettant l’accent sur ses racines canadiennes et sur les particularités des régions polaires visitées. Devant l’excellente sélection de vins, de spiritueux et d’ingrédients canadiens, comme les incomparables fruits de mer de source écoresponsable Ocean Wise, j’avais toujours très hâte de m’attabler! Et même s’il ne manquait pas d’activités pour dépenser des calories, j’étais heureux d’avoir accès à des options santé pour chaque repas, par exemple un bar à smoothies le matin.

Ce qui m’a plu le plus dans mon voyage – et c’est toujours le cas, où que j’aille dans le monde –, ce sont les rencontres que j’ai faites. Des passagers venus du monde entier, dont certains de ma ville natale de Squamish, mais que je ne connaissais pas, ont rempli mes journées de conversations et d’apprentissages; des gens de tous les horizons, avec de nombreuses aventures à leur actif, et le courage de faire presque n’importe quoi, même nager dans les eaux polaires, dormir sur la glace et gravir des sommets indéfinissables.

Voyager, c’est apprendre et grandir au gré des aventures, au hasard des rencontres. C’est un nouveau paradigme auquel One Ocean Expeditions adhère entièrement, et qui est manifeste à travers sa mission transformatrice centrée sur l’exploration, l’apprentissage, la recherche et la durabilité.

L’avant et l’après…

Si vous faites le voyage jusqu’en Antarctique depuis le Canada, profitez-en pour vous arrêter au Chili et en Argentine.

La capitale chilienne, Santiago, est grouillante de vie. Galeries d’arts, restaurants ou sommellerie, vous n’aurez aucun mal à trouver de quoi vous occuper pendant deux jours avant de vous rendre à Punta Arenas pour le départ du bateau. Voici deux belles découvertes à ne pas manquer là-bas :

Si vous passez une seule nuit dans la ville et que vous aimez les bars à vin, le Bocanáriz est pour vous.

Et pour un charmant petit établissement situé dans un excellent quartier, direction l’hôtel-boutique écologique Bidasoa.

Au retour, lorsque vous accosterez en Argentine, rendez-vous à Ushuaia pour faire de la randonnée dans les collines avoisinantes et vous délecter du fameux crabe royal. La Patagonie est célèbre pour sa cuisine au feu de bois, son agneau et ses fruits de mer, alors quand vous y serez, allez dépenser de l’énergie au grand air le jour, et récompensez-vous par des accords mets-vin de rêve le soir!

Pour vivre une véritable expérience locale, vous pouvez séjourner au centre de villégiature et spa Los Cauquenes.

Et pour du crabe et des fruits de mer frais, faites un saut à La Cantina de Freddy – c’est tellement bon qu’on y est allés trois fois en deux jours!

Réserver un voyage vers le bout de la terre

Il a fallu de nombreuses années pour me convaincre de m’aventurer en région polaire, mais maintenant que c’est chose faite, je dois dire que les pôles sont devenus mes endroits préférés sur terre. L’air, l’eau, la solitude, le ciel comme une cloche de verre, les grands espaces, et un nombre incommensurable de découvertes ont vraiment captivé tous mes sens!

Au Canada, One Ocean Expeditions est le plus grand voyagiste spécialisé dans les destinations reculées, et axé sur la recherche, la durabilité et l’éducation. Je vous invite à vous renseigner à son sujet, et à réserver votre propre périple là où personne n’ose mettre le pied. Laissez-vous conquérir par le goût de l’aventure!


À propos d’Eric Pateman

Sommité mondiale du tourisme culinaire, Eric est aussi l’un des plus grands ambassadeurs de la cuisine canadienne sur la scène internationale. Il est propriétaire exploitant de la populaire marque Edible Canada, qui compte un restaurant primé, des boutiques et une division de voyage culinaire. Il possède également une société de sel nommée Amola et est à la tête de services-conseils qui l’amènent à voyager dans le monde quelque 250 jours par année pour aider des clients des secteurs public et privé à définir leur cuisine, à édifier leur marque ou à construire l’avenir de l’alimentation. Suivez-le dans ses aventures culinaires sur Instagram : @ericpateman.