Astuces pour voyager avec un membre de famille à mobilité réduite

par la petite bette

Le fait que vous soyez vous même touchés par une condition affectant votre mobilité ou que cela concerne un membre de votre famille ne devrait pas vous empêcher de voyager. Par contre, il serait sage de profiter de quelques astuces afin de rendre l’expérience le plus agréable possible.

Notre fils de 12 ans, Malek, est atteint de paralysie cérébrale. Son handicap l’empêche de marcher de longues distances et d’utiliser ses deux mains de façon adéquate. Nous voyageons donc avec Malek dans sa chaise roulante, et ce, depuis que le temps des poussettes est terminé. Notre passion pour les voyages ne s’est pas éteinte pour autant. En fait, nous rêvons de faire vivre à Malek et à sa jumelle Alizée le plus d’escapades et voyages en famille possible, ou à tout le moins jusqu’à ce qu’ils refusent de nous suivre! Depuis pratiquement leur naissance en fait, nous voyageons non seulement avec eux mais aussi avec mon père et son épouse, au moins une fois par année. Multi-génération, multi-souvenirs.

Planifier et prévoir tout (ou presque).

Partir sur un coup de tête n’est peut-être plus une option si vous-même, votre conjoint, un de vos enfants ou parents est touché par un handicap. Il est important de se poser des questions sur la destination et le type d’aventures que vous êtes prêts (ou pas) à explorer. Ainsi, un trek en chameau dans le désert ou même simplement explorer New-York peut devenir beaucoup plus compliqué qu’on ne le croit. Choisir un hôtel sur la plage ne sera peut-être plus opportun, une fois que vous aurez essayé de pousser une chaise roulante sur du sable mou.

Le site de Keroul met à votre disposition de très bons répertoires de voyagistes et organismes pour faciliter les voyages, transports et activités accessibles, à l’international et au Canada.

Profiter des avantages liés à la situation.

Multiples transporteurs, activités culturelles ou sportives offrent des rabais ou passe-droits pour faciliter l’accès aux personnes à mobilité réduite. Ainsi, dans notre cas, nous avons très souvent profité d’une entrée gratuite pour moi ou mon mari, comme accompagnateur officiel. Malgré le fait qu’on ne vous demandera pas systématiquement une preuve, assurez-vous d’avoir avec vous un document officiel prouvant la situation de mobilité réduite, soit une carte valide émise par l’un des organismes ou institutions reconnus pour personnes à mobilité réduite (INCATimbres de PâquesÉpilepsie CanadaLes amputés de guerreCentre de réadaptation MAB-MACKAY), ou encore un certificat médical émis dans les neuf derniers mois (sauf si la lettre fait référence à une condition permanente) et portant la signature d’un médecin.

L’avion, oui mais attention.

Nous avons appris plusieurs leçons très importantes à nos dépens lors de voyages en avion. Bien que tous les aéroports soient équipés pour recevoir la clientèle à mobilité réduite, aveugle ou malentendante, les déplacements peuvent être compliqués!

Assurez-vous de mentionner vos besoins spéciaux dès votre réservation (Air Canada). Si vous avez besoin d’une chaise roulante ou d’un préposé au débarquement, la plupart des compagnies aériennes doivent être avisées au moins 48 heures à l’avance. Demandez si vous pouvez utiliser votre chaise roulante, orthèse, marchette, béquille, quadriporteur ou autre pour passer la sécurité et vous rendre jusqu’à la porte de l’avion. Il nous est arrivé de devoir mettre la chaise roulante de fiston avec les bagages en soute et n’avions même pas pensé avoir besoin d’une chaise ou d’un transport dans l’aéroport.

Limitez les bagages à main. Pousser une chaise roulante d’une main en tirant une valise de l’autre demande une certaine dextérité. Nous optons souvent plutôt pour une grosse valise familiale en soute, et une valise à main et deux petits sacs à dos pour nous quatre. Il est tentant de vouloir sauver sur les frais de bagage mais… le jeu n’en vaut pas la chandelle.

Évitez les transferts, surtout ceux qui demandent de ressortir et repasser par la sécurité. En 2014, alors que les jumeaux avaient 8 ans, croyant bien faire, nous avons fait un arrêt pour la nuit à San Francisco en direction de Maui. Nous avons dû sortir toutes nos valises et attendre un transport pour l’hôtel.  Celui-ci nous a laissé en plan parce qu’il était trop plein pour utiliser le monte chaise roulante. Passé minuit avec deux enfants déjà au bout de leur corde, nous avons dû nous rendre à l’autre bout de l’aéroport pour prendre l’ascenseur et tenter de trouver un taxi adapté! Pour tout recommencer le lendemain matin. Plus jamais. Prenez bien le temps d’analyser les escales et les temps d’arrêt. Une escale trop serrée est aussi une mauvaise idée. Il faut parfois laisser tous les passagers sortir avant de pouvoir sortir à son tour, ensuite attendre qu’un préposé arrive avec une chaise roulante, marchette ou autre assistance (ou que votre chaise soit sortie par la porte d’embarquement). On peut facilement perdre de très précieuses minutes.

À Destination :

Assurez-vous de poser les bonnes questions avant de partir. Le transfert fourni par l’hôtel est-il adapté? La chambre ou la maison que vous louez est-elle facilement accessible? Y a t-il des escaliers à l’extérieur et à l’intérieur? Y a t-il un ascenseur? Des stationnements faciles? Une piscine adaptée? La majorité des tout inclus sont parfaitement adaptés mais certains sont énormes!! Il nous est arrivé de devoir marcher plus d’un km entre notre chambre et la plage et ensuite se taper un autre demi kilomètre pour aller au restaurant. Ça peut finir par faire beaucoup dans une journée.

Le quartier est-il sécuritaire à pied? Y a t-il des trottoirs? Vous riez peut-être mais lors de notre séjour en République Dominicaine à Cabarete, en 2017, la villa était splendide, ainsi que la communauté où nous vivions, mais il était pratiquement impossible de circuler avec une chaise roulante (ou de jeunes enfants) sur la rue principale. Les mobylettes et motocyclettes roulaient sur l’accotement, les trottoirs étaient en miettes. Heureusement, nous avons pu trouver un chauffeur pour la semaine, ce qui nous a permis de bien profiter de la région sans stress de transport. Ce fut le meilleur investissement!

Mon meilleur conseil, ne JAMAIS assumer que tout est en règle même si quelqu’un vous dit : « oui, oui », reposez la question différemment au moins deux fois. La majorité des gens n’ont aucune idée de ce qui peut causer des soucis majeurs de déplacement pour une personne à mobilité réduite. Ils vont vous dire qu’il y a un ascenseur mais oublier de vous dire qu’il y a six marches en béton pour aller au stationnement et aucune rampe pour y accéder.

En roadtrip ou si vous louez une voiture.

Voyager en voiture permet de mieux maîtriser son environnement. Toutefois, il faut penser à certaines choses.

Une chaise roulante prend beaucoup de place dans un coffre. Si le véhicule n’est pas adapté, il peut être difficile d’y entrer les valises, les oreillers, la glacière, le chien et les enfants tout en ayant toujours accès à la chaise pour les arrêts sur la route.

Il pourrait être utile de faire quelques recherches sur Internet pour voir si votre destination offre une carte des stationnements disponibles pour personnes à mobilité réduite. Dans les endroits fort courus par les snowbirds, tels que Walmart, Costco et centres commerciaux, les places accessibles sont presque toujours prises.

Sur une note finale, n’oubliez pas de mettre la vignette de stationnement handicapé dans votre bagage à main si vous pensez louer une voiture à destination. Même si notre vignette est du Québec, nous l’utilisons fréquemment aux États-Unis et n’avons jamais eu de soucis… sauf la fois où on l’avait oubliée dans la voiture qui était garée à la maison

Patience vous aurez :

Autant les gens et employés à destination seront gentils et attentionnés avec vous, autant la tolérance et la générosité se font rare lorsqu’on est entassés avec des milliers d’autres voyageurs dans un aéroport. Prenez votre place, et ce, qu’on vous regarde du coin de l’œil ou pas. Si vous avez bien planifié et posé toutes les questions avant votre départ, tout devrait bien aller une fois sur place.  Sinon, ça vous donnera une meilleure perspective de vos besoins pour vos prochaines aventures. Il ne faut surtout pas se décourager, l’accessibilité c’est aussi pouvoir parcourir le monde avec ceux qu’on aime!

Bon voyage!