Quiétude sous les tropiques : six endroits à mettre sur votre liste.

Par Jim Byers

Soleil à revendre, plages extraordinaires, centres de villégiature hors pair : les Caraïbes sont une destination vacances fantastique en cette période de l’année… à condition d’aimer les bains de foule! Pour ceux qui préfèrent la tranquillité, voici quelques îles où étendre sa serviette sans se heurter les coudes sur un autre vacancier pendant la haute saison.

BEQUIA :

Si vous voulez découvrir les Caraïbes d’avant le tourisme de masse, Bequia (qui se prononce « bec-oué », soit dit en passant) est l’endroit pour vous. On atteint ce véritable joyau des Antilles après un court trajet en traversier depuis Saint-Vincent (elle-même une destination assez tranquille qui ne compte que très peu de chaînes d’hôtels). Son chef-lieu, Port Elizabeth, ne s’étend que sur quelques pâtés de maisons, et l’ambiance est des plus décontractées dans ses restaurants, kiosques de fruits et boutiques d’articles bon marché. Sur son littoral, les insulaires se rassemblent à l’ombre des grands arbres pour discuter politique. Il y a une belle promenade qui relie Port Elizabeth et la délicieuse plage Princess Margaret, où vous attend le sympathique resto Jack’s Beach Bar. Le Bequia Beach Hotel est un établissement ravissant qui offre une grande variété d’hébergements, avec vue sur les autres îles de l’archipel des Grenadines.

Sans contredit un endroit où décrocher.


TERRE-DES-HAUT, GUADELOUPE :

Cette petite île fait partie de l’archipel des Saintes, qui se trouve en Guadeloupe, un territoire français : vous n’aurez donc pas de mal à vous faire comprendre. Sachez qu’on peut aussi s’y débrouiller en anglais à peu près partout. Dans les boutiques et les restaurants du centre-ville compact et haut en couleur de cette jolie localité, les fenêtres sont habillées de fines draperies françaises. Au menu : baguettes, crêpes et crème glacée. Faites une visite guidée du fort Napoléon, dressé bien haut sur une colline qui surplombe une série de baies escarpées d’un bleu profond. Une courte promenade à pied sépare le terminal de traversier et l’éblouissante plage de Pompierre. Quand j’ai visité cette dernière, une bande de chèvres sauvages vagabondait sous les palmiers dans l’espoir de dénicher un panier de pique-nique ouvert. De retour en ville, ne manquez pas d’admirer la coquette église catholique et les maisons aux couleurs vives.

Une île parfaite pour les âmes aventureuses et les francophones.


NEVIS :

Voilà une autre île tropicale paisible qui n’est pas très connue – mais qui gagnerait à l’être. La plupart des voyageurs mettent pied à terre après un très bref passage en traversier depuis l’extrémité sud de Saint-Christophe. Et ils découvrent les Caraïbes à l’ancienne, où il n’y a que très peu de circulation et seulement une poignée de grands hôtels. Le plus connu d’entre eux est probablement le Four Seasons, niché sur une magnifique et paisible plage sablonneuse du côté ouest de l’île. Son parcours de golf, qui figure parmi les meilleurs des Antilles, propose un terrain ondulant, de superbes vues et un bon nombre de trous corsés bien conçus. Tout juste au sud de l’hôtel se trouve le Sunshines, un agréable bar de plage où l’on sert un puissant cocktail à base de rhum, le Killer Bee. Attention, un singe sauvage pourrait même se joindre à la fête! Du côté nord-est de l’île, il y a le raffiné Nisbet Plantation, un centre de villégiature où règne le calme et la détente, qui offre une cuisine savoureuse et de charmantes maisonnettes. Alexander Hamilton est né à Nevis, et on peut visiter son ancienne résidence dans la grande ville de Charlestown. Enfin, les randonneurs s’en donneront à cœur joie au mont Nevis, d’une hauteur imposante de 1 345 m.

Un petit paradis pour qui veut se détendre et explorer.


SAINT JOHN, ÎLES VIERGES AMÉRICAINES :

Le parc national des îles Vierges, qui a vu le jour en partie grâce aux généreux dons de la famille Rockefeller, occupe environ 60 % de la surface de l’île de Saint John. On y trouve de merveilleux sentiers de randonnée pédestre et certaines des plus belles plages des Caraïbes, notamment la sublime Trunk Bay. Du point d’observation du mont Bordeaux, vous pourrez admirer l’eau bleue cristalline, les montagnes verdoyantes et les îles voisines, avant de redescendre pour profiter des intéressantes boutiques et des tables sans façon. Les amateurs de centres de villégiature trouveront leur compte au chic Westin St. John. Le village tranquille et décontracté de Cruz Bay, lui, est accessible en quelques minutes de traversier seulement, mais semble à des lieues de l’agitation de Saint-Thomas. Un court déplacement vous permettra aussi d’explorer les îles Vierges britanniques, où l’on fait, selon certains, les plus belles balades en voilier au monde.

Avec son immense parc national, cette île est un coup de cœur des randonneurs.


ANGUILLA :

La plupart des Canadiens ne vont pas plus loin que Saint-Martin, qui présente d’innombrables hôtels et de formidables plages. Ce n’est pas le charme qui y manque, mais à mon avis, Anguilla est une destination plus douce et plus luxueuse… sans compter qu’on y trouve les meilleures plages des Caraïbes. Le sable fin, d’une blancheur immaculée, semble s’y étendre à l’infini. Essayez CuisinArt, un centre de villégiature exceptionnel qui propose d’excellents repas et une plage splendide. Non loin de là, deux bars de plage accueillants sont dignes de mention : le SunShine Shack et le Dune Preserve de Bankie Banx. Pour un séjour de luxe, pensez au Four Seasons ou au complexe huppé Zemi Beach. Et pour une option plus économique, considérez les Shoal Bay Villas, qui trônent sur une plage fabuleuse de la côte nord, où l’ambiance est ultra détendue et où abondent les habitués qui y viennent depuis des années, voire des décennies. À quelques minutes à pied de là se trouve l’Elodia’s, un bar à l’atmosphère désinvolte où j’ai pu observer, il y a quelques années, les gens du coin qui dansaient au son endiablé du groupe en spectacle. Enfin, une petite promenade en bateau vous permettra d’atteindre Scilly Cay pour un délicieux repas du midi composé de langoustes sur le gril et de punch au rhum.

Du sable blanc à perte de vue, dans presque toutes les directions… Les adeptes de plage seront au septième ciel!


JAMAÏQUE :

Quoi? La Jamaïque? Eh bien oui. Mais pas Montego Bay, ni Ocho Rios, ni Negril. Pour voir la Jamaïque comme on la connaissait sûrement il y a 50 ou 60 ans, allez explorer une autre partie de l’île. Sur la paisible rive sud, l’établissement Jakes de la plage Treasure vaut le détour pour ses habitations dépareillées, décorées de coquillages et peintes des teintes les plus vives de la palette. La plage n’est pas époustouflante, mais il a une belle piscine et un spa apaisant. Les propriétaires ont aidé à la production du film reggae culte Tout, tout de suite (The Harder They Come), et à quelques pas de là, un super bar de plage célèbre cette œuvre et sa bande sonore, qui pourrait bien être la meilleure compilation reggae jamais créée. Un passage obligé : le Pelican Bar, dans sa hutte brinquebalante posée au beau milieu des coraux, à des centaines de mètres du rivage (on s’y rend en bateau). C’est touristique, mais réellement amusant. La pointe est de la Jamaïque est d’une splendeur inouïe, surtout dans les environs de Boston Bay. Dans ce berceau de la cuisine jerk, rendez-vous aux kiosques sans prétention qui bordent la route, non loin de la plage, pour goûter un poulet ou un poisson grillé à la perfection, accompagné de sauce ultrapiquante. Passez aussi chez Dickie’s Best Kept Secret, une cabane joyeusement croulante au bord d’une petite falaise près de Port Antonio. Je n’ai pas eu la chance de tester le menu lors de ma visite, mais j’ai adoré l’ambiance. Et le propriétaire est un véritable boute-en-train.

La pointe est de la Jamaïque ressemble sans doute au reste de l’île d’il y a 50 ans.