Vous voyagez avec des enfants? Voici dix trucs de papa et maman!

Par Eric Pateman

Comme j’ai passé ma vie à voyager et que je suis loin de chez moi environ 275 jours par année, j’ai presque plus de facilité à dormir dans un avion que dans mon propre lit (j’ai bien dit presque!). Quand je voyage seul, j’évite les files grâce à ma carte Global Entry et profite des salons et des longs vols pour travailler et dormir. Mais quand on est cinq à voyager en famille… c’est une tout autre histoire!

L’hiver dernier, ma femme et moi sommes partis pour une aventure de plus de deux mois avec nos trois filles âgées de 10, 9 et 6 ans. Au programme : 15 vols et 5 pays – la Nouvelle-Zélande, l’Australie, l’Inde, Fidji et Singapour.

Maintenant que c’est derrière nous, nous prenons plaisir à revivre ces moments palpitants en photos et en anecdotes. Au souper, nous parlons souvent de ce que nous avons appris en voyage. Je constate que tout le monde garde de très bons – et de moins bons – souvenirs! Chose certaine, ma femme et moi n’avons pas retenu les mêmes leçons. Voici donc nos meilleurs trucs pour voyager en famille!

Trucs de papa…

  • Gratitude et générosité. Ce voyage a fait comprendre à nos filles qu’elles sont bien chanceuses d’être Canadiennes. Je crois que c’était une occasion pour elles de réfléchir à cette chance qu’elles ont et à l’importance de rendre service à la société, de faire preuve d’empathie et de voir comment elles peuvent changer les choses. Au centre-ville d’Auckland, elles ont vu des sans-abri et nous ont demandé d’acheter quelques repas pour emporter de plus à leur donner avant de partir. Et après avoir visité l’école d’un village du centre de l’Inde et remarqué que ses 15 élèves n’avaient pas de matériel d’art (ni de pupitres!), elles ont décidé d’y laisser leurs crayons.

  • Découvertes culturelles. Qui dit voyage dit découvertes. Mes filles ont la chance de fréquenter une école où le voyage est encouragé et ses bienfaits sont mis en avant. Mais lorsqu’elles sont à l’étranger, ma femme et moi devons nous assurer qu’elles poursuivent leurs apprentissages; en plus de profiter de tout ce qu’un pays peut leur offrir, elles doivent suivre le même programme que leurs camarades de classe sans prendre de retard. Par exemple, le matin, nous faisions des devoirs de mathématiques ou des dictées; et l’après-midi, nous visitions une usine de canne à sucre ou déambulions au marché local avant d’aller préparer un repas chez des gens du coin. Les occasions d’apprendre sont infinies, mais c’est aussi à nous de les saisir.

  • Soyez futé·e. Avec les enfants, profitez de l’embarquement prioritaire et des salons (si vous y avez accès), évitez les files autant que possible et exigez SANS EXCEPTION (peu importe ce qu’ils en disent) que tout le monde passe aux toilettes avant l’embarquement et avant de quitter l’aéroport pour l’hôtel – en Inde, même les courtes distances peuvent être INTERMINABLES.
  • Du repos en masse. J’avoue que j’ai eu du mal avec cet aspect, parce qu’en solo, je suis toujours en déplacement, occupé à explorer de nouvelles villes du petit matin jusqu’à la tombée de la nuit. Mais avec les enfants, j’ai vite dû m’adapter : si les grosses journées de voyage et le décalage horaire sont difficiles pour le commun des mortels, c’est encore pire pour les jeunes de 10 ans et moins. Nous avons donc prévu des siestes en après-midi, pris notre temps le matin, et probablement vu une fraction de ce que j’aurais pu voir seul… mais tout le monde était heureux!
  • À chacun son appareil photo. Les enfants sont curieux; et comme rien ne les laisse indifférents et qu’ils font carrément un bon 60 centimètres de moins que leurs parents, ils voient les choses autrement. Je vous conseille donc de les laisser immortaliser ce qu’ils voient et ce qu’ils considèrent comme important. Ainsi, ils pourront revivre l’aventure de leur propre point de vue et créer un album souvenir plus tard.
  • Quelques mots dans le carnet. Sur les recommandations des enseignants de nos filles, nous leur avons fait tenir un carnet de voyage. Ç’a été une excellente façon pour elles de se rappeler leurs expériences – pas toujours facile quand on est jeune et qu’on fait un si gros voyage! Il peut s’agir d’un carnet traditionnel, dans lequel on écrit à la main (un plus pour les leçons d’orthographe et de grammaire!), ou d’un carnet numérique avec dictées et vidéos. Dans tous les cas, n’oubliez pas de prévoir un peu de temps chaque jour pour cette activité.

  • L’information indispensable. Parce que la possibilité que quelqu’un s’égare existe, assurez-vous de donner à vos enfants des coordonnées où ils pourront vous joindre (nom, numéro de téléphone cellulaire, adresse électronique, adresse du lieu d’hébergement), et que vous renouvellerez au fur et à mesure.
  • Des enfants sans montre. Vivez à l’heure locale. C’est une bonne façon de s’adapter aux nouvelles heures de dodo et de repas – surtout si vous comptez changer souvent de fuseau horaire.
  • Prenez ça relax. Vous devez apprendre à suivre le courant (ma plus grande difficulté!). Quand je voyage pour le travail, mon horaire est très souvent hyper structuré. Mais avec les enfants, il faut montrer de la souplesse et être à l’écoute des envies. Plus le voyage est long, plus les jours de farniente seront nécessaires. Il faut voir ça comme une occasion de vous reposer, vous aussi.
  • Assurez-vous que maman a bu son café. TOUJOURS. Rien à ajouter…

Trucs de maman…

  • Soyez prévoyant·e. Qu’il s’agisse d’un long vol, d’un long trajet de voiture ou d’autobus ou d’une longue journée de marche en ville, essayez de rendre la situation aussi agréable que possible pour vos enfants. Après tout, la mauvaise humeur est contagieuse, et tout semble pire loin de la maison. Mais inutile de se casser la tête. Si vos enfants s’ennuient, ont le mal des transports ou sont dégoûtés par l’odeur d’un endroit, offrez-leur une boîte de menthes, et le tour est joué!
  • Des sacs à dos pleins d’activités. J’aurais aimé nous voir voyager « sans écran ». Dans mes rêves, je nous imaginais meubler le temps d’attente à l’aéroport en étudiant notre prochaine destination. Quelle utopie! Franchement, les tablettes sont une excellente source d’amusement lors des longues escales ou des vols sans divertissement. Et nos filles avaient chacune un sac plein de romans, de livres à colorier, de jeux, de doudous et de carnets pour passer le temps dans la chambre d’hôtel ou la maison louée. Cela dit, la tablette avait vraiment la cote; c’est pourquoi elles ne pouvaient l’utiliser qu’à l’aéroport ou en plein vol.
  • Plusieurs couches de vêtements. Il fait toujours frisquet en avion, surtout sur un long vol, et les enfants qui ont froid ou qui ne sont pas bien ne font pas d’agréables compagnons de voyage. Pour se rendre de Fidji à Singapour, les filles portaient des tenues d’été, mais elles avaient emporté des bas, un pantalon et un chandail douillet pour rester au chaud durant le trajet. Une fois arrivées dans la chaleur et l’humidité de Singapour, elles n’avaient plus qu’à enlever une couche!
  • Nutrition et hydratation pour tous. Dans les longs trajets, il nous est arrivé de sauter des repas. Pour les adultes, ce n’est pas la fin du monde, mais pour les enfants… C’est pourquoi nous prenions toujours un bon déjeuner, préparions de nombreuses collations et tâchions d’avoir des repas aussi réguliers que possible. Tout ça faisait en sorte que nos journées commençaient tard, mais les filles étaient toujours pleines d’énergie, prêtes à attaquer les longues journées d’exploration… et de bien meilleure humeur! Je n’apprends sûrement rien aux mères, mais de l’eau et des barres tendres ou craquelins qu’on emporte avec soi peuvent faire des miracles quand les petits mousses s’essoufflent.

  • Une mini-pharmacie en poche. Je traîne toujours un sac rempli de pansements adhésifs, d’antihistaminiques, de médicaments contre la nausée et la fièvre, de crème anti-démangeaison (hyper-pratique, étonnamment), de crème solaire, de lingettes et de nettoyant pour les mains. Comme ça, pas besoin de trouver une pharmacie ou de retourner à l’hôtel en cas de pépin. Je traîne aussi quelques sacs et un peu de papier hygiénique : dans certaines parties du centre de l’Inde, les toilettes occidentales avec papier sont une rareté!
  • La joie du choix. Si nous n’avions aucune visite planifiée, je permettais aux enfants de choisir l’activité du jour. Le matin, après notre séance d’école à la maison, nous décidions de la suite des choses. Une promenade jusqu’à la plage, ou un tour d’autobus pour trouver une librairie ou une crèmerie dans une petite ville voisine? Pour reprendre les propos d’Eric, les enfants ont un point de vue différent du nôtre lorsqu’ils découvrent un endroit. C’était bien amusant de les laisser nous emmener dans de courtes aventures.

  • La routine, toujours la routine. Ça ne convient peut-être pas à toutes les familles, mais j’ai trouvé que nos enfants étaient heureuses, pleines d’énergie, prêtes à explorer et beaucoup moins portées aux crises quand nous évitions de les coucher tard et de les lever tôt trop souvent. Si toutefois vous n’avez pas le choix, pensez à glisser une petite sieste en après-midi ou, au moins, une période de détente.
  • Un peu de social. L’important dans la vie, ce n’est pas ce qu’on connaît, mais qui on connaît. En rencontrant des gens de tous les horizons, les enfants (et même les adultes) en viennent à mieux comprendre la place qu’ils occupent dans le monde et réussissent à former des réseaux et des amitiés qui peuvent durer toute une vie.

  • L’âge, un facteur important. Je ne pense pas que notre grande traversée de l’Inde, avec ses longues journées de safari à la recherche des tigres, aurait été bien agréable si notre plus vieille avait sept ans ou moins. En revanche, nos vacances de plage à Fidji et nos séjours de détente en Australie et en Nouvelle-Zélande auraient bien fait l’affaire.
  • Vive les photos prises sur le vif. Plutôt que de demander aux filles de prendre la pose, j’ai immortalisé spontanément les petits moments du quotidien. Comme ça, nous avons un souvenir du trampoline de la maison louée et des créatures de la mer que nous avons trouvées. Les filles aussi ont pu prendre leurs propres photos : une bonne façon pour elles de se rappeler le voyage de leur point de vue.

À propos d’Eric Pateman

Sommité mondiale du tourisme culinaire, Eric est aussi l’un des plus grands ambassadeurs de la cuisine canadienne sur la scène internationale. Il est propriétaire exploitant de la populaire marque Edible Canada, qui compte un restaurant primé, des boutiques et une division de voyage culinaire. Il possède également une société de sel nommée Amola et est à la tête de services-conseils qui l’amènent à voyager dans le monde quelque 250 jours par année pour aider des clients des secteurs public et privé à définir leur cuisine, à édifier leur marque ou à construire l’avenir de l’alimentation. Suivez-le dans ses aventures culinaires sur Instagram : @ericpateman.